Discovering what life is about

Sénèque - Lettres à Lucilius

Seneque Lettres a Lucilius


L1 - Que faire de son temps ?
Quel est l'homme qui connait le prix du temps, qui sait estimer la valeur d'une journée et comprendre qu'il meurt un peu chaque jour ?
En effet notre erreur est de ne voir la mort que devant nous, alors qu'elle est en grande partie derrière :
son domaine est le passé.
Saisis-toi de tous tes instants. En étant maitre du présent, tu dépenderas moins de l'avenir.
A force de remettre à plus tard, la vie passe.
Rien n'est à nous, seul le temps nous appartient : c'est l'unique bien dont la nature nous ait doté.

L2 - A propos des voyages, de la lecture, et de ce qui est vraiment nécessaire
La lecture d'une foule d'auteurs et d'ouvrages en tout genre ressemble fort au caprice et à l'inconstance.
C'est n'être nulle part que d'être partout.
Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d'hôtes et pas un ami.
La multitude des livres dissipe l'esprit.
Ainsi ne pouvant lire tous ceux que tu pourrais avoir,
c'est déja assez de posséder ceux que tu peux lire.
Ce n'est pas parce que l'on possède peu que l'on est pauvre, c'est parce qu'on désire plus.

L3 - Bien choisir ses amis
Une fois amis faites vous confiance ; avant d'être ami, sois juge. Or ils prennent à rebours et intervertissent
leurs devoirs ceux qui n'examinent qu'après s'être attachés et se détachent après l'examen.

L5 - Faut-il faire comme tout le monde ?
Si l'on entre chez nous, que l'admiration soit plutot pour le maître que pour les meubles

L7 - Il faut fuire la foule et sa cruauté
Forcément tu seras ou son imitateur ou son ennemi. double écueil qu'il faut éviter :
- ne point ressembler aux méchants parce qu'ils sont les plus nombreux
- ne point hait le grand nombre parce qu'il diffère de nous.
Recueille-toi en toi-même, autant que possible;
fréquente ceux qui te rendront meilleur,
reçois ceux que tu peux rendre tels.
Il y a ici réprocité, et l'on enseigne autant qu'on s'instruit.

 

Seneque Lettres a Lucilius


L8 - La sagesse est le fruit d'un travail sur soi
Que la mort nous surprenne en pleine action.
Evitez tout ce qui séduit le vulgaire, tout ce que le hasard dispense.
Tenez tous ses dons pour suspects et tremblez d'y toucher.
Les présents de la fortune sont des pièges
Un plan de vie aussi profitable au physique qu'au moral et qu'il faut garder, c'est de n'accorder au corps que
le strict nécessaire à la bonne santé.
Il le faut durement traiter, de peur qu'il n'obéisse mal à l'esprit;
manger doit seulement apaiser la faim, boire étancher la soif, le vêtement garantir du froid,
le logement abriter contre l'inclémence des saisons.
Méprisez tout superflu laborieux qu'on appel ornements et décorations : dites vous bien que dans l'homme
rien n'est admirable que l'âme. Que pour une âme grande rien n'est grand.

L9 - Le sage a t'il besoin d'amis ?
Le sage bien qu'il se suffise, n'en désire pas moins un ami, ne serait ce que pour éxercer l'amitié.
Le sage se suffit quant au bonheur, mais non quant à la vie elle même.
Celle-ci a de nombreux besoins : il ne faut pour le bonheur qu'un esprit sain, élevé, attiré par le sublime,
et qui se moque de la fortune.
Le vrai bonheur ne cherche pas à l'extérieur ses éléments : c'est en nous que nous le cultivons ;
c'est de lui même qu'il sort tout entier.

L12 - De la vieillesse
Le grand charme de la vie est à son déclin.
Qui le soir dit "j'ai vécu", peut dire le matin "Je gagne une journée".

L16 Pourquoi il faut faire de la philosophe un exercice quotidien.
La vie heureuse est le fruit d'une sagesse parfaite, la supportable, celui d'une sagesse ébauchée.
Mais cette conviction doit être affermie et enracinée davantage par une méditation quotidienne.
Il est bien plus difficile de rester fidèle à ses engagements que de les former vertueusement.
Il faut persévérer, il faut qu'un travail assidu accroisse tes dispositions jusqu'a faire passer
dans tes habitudes le bien dont rêve ta volonté.
Si tu vis selon la nature, tu ne seras jamais pauvre, si tu vis selon l'opinion, tu ne seras jamais riche.*
La nature désire bien peu, l'opinion voudrait toujours plus, l'infini.
Fuis l'illusoire, et quand tu voudras savoir si ton désir est naturel ou suggéré par la passion aveugle,
vois s'il y a quelque part son point d'arrêt. Quand, parvenu déjà loin, il lui reste toujours à pousser au-dela,
sache qu'il est contre nature.

L23 - Le véritable bonheur
En quoi consiste ce vrai bien ? Une bonne conscience, des intentions vertueuses, des actions droites,
le mépris des dons du hasard, la marche paisible et non interrompue d'une existence qui suit toujours un seul chemin, le sien.
Il convient donc de déterminer ce que nous voulons et savoir y persévérer.

L31 - N'écouter que soi, mépriser la fatigue

L41 - La grandeur de l'âme : sa raison parfaite

L50 - Reconnaitre ses défauts, un premier pas vers la vertu
Chez personne la sagesse n'a précédé l'erreur. Chez tous, la place est occupée d'avance.

L56 - De la vrai tranquilité et de l'impassibilité du sage

L61 - Philosopher, c'est se préparer à mourir en acceptant l'inévitable
Je travaille à ce que chaque jour soit pour moi toute une vie. Et vraiment, je le saisi au vol, non comme s'il
s'agissait du dernier, mais dans l'idée qu'il pourrait l'être.
Prêt à partir, je profite mieux de la vie, étant donné que je ne m'inquiète pas trop du temps que durera ce plaisir.
Avant de vieillir, j'ai songé à bien vivre, et dans ma vieillesse à bien mourir, mourir sans regrets.

L63 - Pourquoi il faut jouir d'un ami de son vivant plutôt que de le pleurer sans mesure à sa mort : Contre l'hypocrisie et la bétise de l'affliction.

L70 - Au sujet du suicide
Ainsi dans cette course si rapide du temps, s'efface d'abord notre enfance puis notre adolescence puis,
peu importe comme on l'appelle, la saison intermédiaire du jeune homme au vieillard, frontière des deux âges ;
puis les meilleurs années de notre vieillesse même, et enfin commence à nous apparaître le terme commun du genre humain.

Autre lecture : Marc-Aurèle - Les écrits pour moi-même.

L71 - Le vrai sage n'est pas un spéculatif mais un homme simple, honnête et courageux
Faisons que tout notre temps soit à nous : Il ne nous apartiendra que si nous commençons à nous appartenir.
Quand pourrais-je, toutes mes passions réduites et mises à la chaîne, faire entendre ce cri : J'ai vaincu !
Quels ennemis ? La cupidité, l'ambition, la crainte de la mort qui triomphèrent des triomphateurs du monde.

L95 - La valeur de l'intention et la conviction en des dogmes moraux

L104 - Etre toujours égal à soi-même, à l'exemple d'illustres aînés
L'aventure parait toujours plus facile alors qu'on la tente.
Ce n'est point parce qu'elle est difficile que nous n'osons pas;
C'est parce que nous n'osons pas qu'elle est difficile

L107 - L'art nécessaire d'anticiper ; rien ne saurait nous étonner
Ainsi doit-on vivre et parler ; que le destin nous trouve prêt et determinés.

L108 - Comment il convient d'écouter et de profiter des philosophes
Le maître et le disciple doivent avoir un but commun et vouloir l'un se rendre utile, l'autre profiter.
Le moins pauvre est celui qui désire le moins ; tes voeux seront comblés s'ils suivent tes besoins.

L118 - De l'ambition et de la vanité de la vie des politiques
Presque toujours le lointain nous abuse et nous l'admirons : grandeur est, pour le vulgaire, synonyme de bonheur.

L122 - Des perversions et des vices : du contre nature

Sénèque sait la tragédie de l'homme qui veut tendre vers le bonheur sans jamais l'atteindre vraiment.

 

 

 



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Categories : Life purpose    Themes : Book Wisdom
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