Discovering what life is about

Sénèque - De la vie Heureuse - De la tranqillité de l'âme

Seneque De la vie Heureuse De la tranqillite de l ame - Difficultés pour arriver à la vie heureuse

Il n'est certe pas facile de parvenir à la vie heureuse, et on s'en éloigne d'autant plus que l'on court après elle, si l'on s'est trompé de chemin.

Déterminons donc avant tout, l'objet de nos désirs, et cherchons de tout coté la route qui pourra nous y conduire le plus promptement.

- Il faut savoir se séparer de la foule

- Définition du bonheur

Cherchons un bien non pas apparent, mais solide, et de plus en plus beau à mesure qu'on le pénètre. Nous devons le déterrer.
Il n'est pas loin, et on le trouvera ; il faut seulement savoir ou porter la main.

La vie heureuse est donc celle qui s'accorde avec sa nature.
On ne peut l'obtenir que si d'abord l'esprit est saint et en possession constante de sa santé;
Si de plus il est énergique et ardent, doué des plus belles qualités, patient, propre à toutes les circonstances,
soigneux du corps et de ce qui s'y rapporte, mais sans trop de préoccupations ;
s'il veille aux autres choses de la vie, sans s'étonner d'aucune ;
s'il use des présents de la fortune sans en être l'esclave.
Tous comprennent, sans que je l'ajoute, qu'il suit de là une perpétuelle tranquilité, ainsi que la liberté,
puisqu'on a banni ce qui nous irrite ou nos fait peur.
Au lieu des plaisirs et de ces jouissances mesquines et fragiles qui nuisent au sein même des désordres,
s'établit une joie grande, inébranlable, égale ;
L'âme se remplit alors de paix, d'harmonie, d'élévation, de douceur.
De la faiblesse, en effet, vient tout humeur farouche.

- Caractère du vrai bien

- Liberté du sage

Il faut donc s'élancer vers la liberté ; on ne la trouve que dans l'indifférence pour la fortune.
Alors naitra cet inestimable bien, le calme de l'esprit placé dans un asile sûr et sa haute élévation.

L'homme heureux est celui qui grâce à la raison, ne désir et ne craint rien.

- Le plaisir n'est pas un élément du bonheur.
L'homme heureux est donc celui qui a un jugement droit, qui se contente du présent, quel qu'il soit, et qui aime ce qu'il a ;
Celui auquel la raison rend agréable tout situation de fortune.

- Différence entre le plaisir et la vertu
Le plaisir s'unit même à la vie la plus honteuse, tandis que la vertu n'admet pas une mauvaise vie.

- Le plaisir ne peut pas servir à caractériser les actions de l'homme

En face des choses du dehors, l'homme de ceur doit rester incorruptible, inexpugnable ;
il doit n'observer que luis seul ; que, plein de confiance, il sache être prêt à l'une et à l'autre fortune
et devienne ainsi l'artisan de sa vie.

Que la confiance chez lui ne se sépare pas du savoir, ni le savoir de la constance ;
que ses résolutions persistent une fois prises, et que dans ses décisions il n'y ait pas de rature.
Un tel homme aura du calme, de l'ordre et de la majesté, tout en agissant avec bienveillance.

Proclamez donc hardiment que le souverain bien est l'harmonie de l'âme.

- La vertu se suffit à elle-même

- Le sage sait modérer le plaisir lorsqu'il le rencontre

- Impuissance de la sagesse épicurienne
- Dégradation de la morale épicurienne
- Dangers de la doctrine d'Epicure
- Dernier mot contre Epicure
- Examen de la théorie péripatéticienne

Que le souverain bien s'élève à une hauteur telle, qu'aucune force ne puisse l'en arracher,
à une hauteur inaccessible à la douleur, à l'espérance, à la crainte, à tout objet qui pourrait altérer sa condition.
Mais cette hauteur, la vertu seule peut l'atteindre ; son pas seul peut gravir de tels escarpements.
Elle tiendra ferme et suportera tous les évènements non seulement avec patience, mais avec plaisir ;
elle saura que toute situation pénible est une loi de la nature.
La vertu aura toujours dans l'âme ce vieux précepte : suis Dieu.
Quiconque se plaint, pleure et gémit, est forcé néanmoins d'obéir et d'exécuter malgré lui les ordres qu'on lui prescrit.
Quelle folie de se faire trainer plutôt que de suivre !
C'est comme si par démence ou ignorance, vous vous affligiez de ce qu'il vous arrive quelque chose de pénible,
comme si vous étiez surpris ou indigné des accidents qui frappent les bons et les méchants,
je veux dire la maladie, la mort, les infirmités et les autres misères qui s'abattent sur la vie humaine.
Toutes ces souffrances que la loi de l'univers nous inflige, qu'un puissant effort les arrache de l'âme.
Nous nous sommes engagés par serment à supporter la condition des mortels et à voir sans trouble ce qu'il n'est
pas en notre pouvoir d'éviter. Nous sommes nés dans un royaume, l'obéissance à Dieu, telle est notre liberté.

- Bonheur du sage stoïcien
C'est donc sur la vertu que repose le vrai bonheur.

- La vertu consiste à détruire chaque jour quelque vice

- Réponse à une objection

- La théorie de la vertu est plus facile que la pratique

- Il faut tenir compte au philosophe de ses bonnes intentions.

- L'envie reproche au sage de ne pas mépriser les choses qui, d'après lui, ne sont pas des biens.

- La sagesse ne consiste pas à mépriser les biens de la fortune mais à en faire un bon usage.

- Le sage pourra être riche pourvu qu'il soit généreux

- Difficultés que présente la bienfaisance

- Le sage ne s'attache pas aux richesses

Est-il douteux que la patience, le courage, la persévérance et les autres vertus qui éclatent dans l'adversité
et soumettent la fortune ne soient celles qui montent, qui se fatiguent, qui luttent ?
N'est-il pas également évident que la libéralité, la tempérance, la douceur sont celles qui descendent ?

- Sérénité inaltérable du sage - Prosopopée de Socrate
- Suite à la prosopopée
- Suite et fin


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De la tranqillité de l'âme - Sénèque

- Réponse de Sénèque

Nous cherchons donc à découvrir comment l'âme, marchant toujours d'un pas égal et sûr, peut-être en paix avec elle-même,
contempler avec joie dans un contentement que rien n'interrompe les biens qui lui sont propres, se maintenir toujours
dans un état paisible, sans jamais s'élever ni s'abaisser. Telle est selon moi la tranqilité.
Comment l'acquérir ? C'est ce que nous allons chercher d'une manière générale.

En attendant nous allons mettre à découvert tous les symptomes du mal, afin que chacun puisse reconnaitre sa part.

- Description générale du mal : différentes sortes d'inquiétudes.

De là la mélancolie, les langueurs et les milles fluctuations d'une âme indécise, toujours en doute de ce qu'elle va faire,
et mécontente de ce qu'elle a fait ; de la cette malheureuse disposition à maudire son repos, à se plaindre de n'avoir rien
à faire.

- Le remède d'Athénodore

Contre cet ennui, vous me demandez quel remède il faut employer ?
... Il faut donc s'éloigner du forum et des fonctions publiques.
En vous livrant à l'étude, vous échappez à tous les dégouts de l'existance :
Jamais les ennuis de la journée ne vous feront soupirer après la nuit ;
Vous ne serez pas à charge à vous même, et inutiles aux autres ;
vous vous ferez beaucoup d'amis, et tout homme de bien voudra vous connaitre,
car jamais la vertu quoique obscure, ne demeure cachée.
Sa présence toujours se trahit par les signes qui lui sont propres :
quiconque est digne d'elle saura la trouver.

- Doctrine personnelle d Sénèque

Selon que la situation de la république ou de notre fortune le permettra,
nous nous lancerons à pleine voiles dans les affaires, ou nous modérerons notre course ;
jamais nous ne resterons immobiles, et la crainte n'enchaînera point nos bras.

Voici ce qu'il faut faire ; êtes vous venu dans un temps où il est peu sûr de prendre part aux affaires publiques ?
Livrez-vous de préférence au repos et aux lettres ; et, tout comme vous le feriez en étant sur mer, gagnez au plus vite le port ;
n'attendez pas que les affaires vous quittent, mais sachez les quitter vous-même.

- Les circonstances qui peuvent nous amener à restreindre notre activité

- Du choix des amis

Evitons surtout les gens moroses qui se chagrinent de tout et pour qui tout est un sujet de plainte.
Quelque fidèle, quelque dévoué que soit un ami, un compagnon, toujours troublé, toujours gémissant,
n'en est pas moins le plus grand ennemi de notre tranquilité.

- Des effet néfastes de la richesse

Passons aux richesse patrimoniales, qui sont la source des plus grandes misères de l'humanité :
comparez tous les autres maux qui nous tourmentent,
la pensée de la mort
les maladies
les regrets
la douleur et les travaux
avec les maux que l'argent nous fait épruver, vous trouverez que c'est de ce côté que l'emporte la balance.

La vrai mesure des richesses consiste à nous affranchir du besoin, sans trop nous éloigner de la pauvreté.
Cette mesure nous plaira, si nous avons du goût pour l'économie.
Sans elle les plus grandes richesses ne suffisent pas, et avec elle on a toujours assez, d'autant que l'économie
est un remède à notre portée : elle peut même, avec le secours de la frugalité, convertir la pauvreté en richesse.

Accoutumons-nous à éloigner de nous le faste, et recherchons en toute chose l'utilité, et non point l'éclat extérieur.

Que me font ces milliers de livres, ces bibliothèques innombrables, dont pour lire les titres, toute la vie
de leurs propriétaires suffirait à peine ? Cette multiplicité des livres est plutôt une surcharge qu'un aliment pour l'esprit.
et il vaut mieux s'attacher à peu d'auteurs que d'égarer, sur cent ouvrages, son attention capricieuse.

En toute chose l'excès est un vice.

- De l'attitude à adopter face à l'adversité

On peut dans toutes les situations de la vie, trouver des agréments, des compensations et des plaisirs,
à moins que vous ne préféreriez vous complaire dans une vie misérable au lieu de la rendre digne d'envie.

Il faut donc nous faire à notre condition, nous en plaindre le moins possible, et profiter de tous les avantages qu'elle peut offrir.
Il n'en est point de si dure en laquelle un esprit judicieux ne puisse trouver quelque soulagement.

Opposez la raison à tous les obstacles : corps durs, espaces étroits, fardeaux pesants,
l'industrie sait tout amollir, étendre, allégir.

Il ne faut pas d'ailleur porter nos désirs sur des objets éloignés ;
ne les laissons aller que sur ce qui est près de nous,
puisque nous ne pouvons entièrement les renfermer en nous-mêmes.

Ne portons pas envie à ceux qui sont plus élevés que nous :
Ce qui nous paraît élévation, n'est souvent que le bord d'un abîme.

Il en est beaucoup qui, par nécessité, sont enchaînés à leur grandeur.

- Détachement du sage

Pour l'homme qui y est préparé et qui l'attend, le malheur n'a rien de nouveau ; ses atteintes ne sont pénibles qu'à ceux qui, vivant en sécurité,
n'envisagent que le bonheur dans l'avenir.

La maladie, la captivité, la chute ou l'incendie de ma maison, rien de
tous ces maux n'est inattendu pour moi : Je savais bien quel loigs,
bruyant et tumultueux, la nature m'avait confiné.

"Ce qui advient à quelqu'un, peut advenir à tous." Publilius

- Eviter l'agitation stérile

L'essentiel ensuite est de ne point se tourmenter pour des objets ou
par des soins superflus ; c'est-à_dire, de ne point convoiter ce que
nous ne pouvons avoir ; et quand nous avons obtenus ce que nous
désirions, de ne pas trop tard en reconnaitre, à notre grande confusion,
toute la vanité :
en un mot, que nos efforts ne soient ni sans objet, ni sans résultat et
que ce résultat ne soit pas au-dessous de nos efforts.
En effet, on regrette presqu'autant de n'avoir point réussit, que d'avoir à rougir du succès.

- Savoir accepter son sort

Il faut donc que l'âme ... interprète en un sens favorable l'adversité même.

- Ne pas se laisser démoraliser

- Rester naturel

- Alterner la solitude et la vie de société, le travail et le divertissement

Il faut donc entremêler les deux choses, et chercher tour à tour la solitude et le monde.
La solitude nous fera désirer la société, et le monde de revenir à nous mêmes :
l'une et l'autre se serviront de remède.
La retraite adoucira notre misanthropie, et la société dissipera l'ennui de la solitude.

- Conclusion

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Categories : Life purpose    Themes : Book Wisdom
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