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Comment survivre au krach économique ?

Comment survivre au krach economique
Conclusion : petit lexique commenté pour renforcer son autonomie de vie


L’une des caractéristiques des grandes crises est de plonger des franges entières de la population dans la pauvreté, voire la misère. Vue sous un autre angle, cette paupérisation se traduit par la perte d’autonomie financière. Une des précautions à prendre est donc de s’organiser pour ne pas tomber dans la dépendance.

Ne pouvant offrir de conseils universels à nos lecteurs, car chaque situation individuelle est unique, nous proposons un petit lexique de termes financiers et généraux où chacun pourra puiser les conseils pratiques qui semblent les mieux adaptés au renforcement de son autonomie de vie.


Alimentation

Pour les revenus modestes, l’alimentation représente presque 20% du budget mensuel, en deuxième position après le logement (27). L’alimentation figurant parmi les besoins physiologiques incompressibles, on conseillera aux ménages les moins favorisés de posséder un jardin ou de louer un lopin de terre capable de suppléer une partie de ces besoins. Ce conseil peut paraître archaïque et déplacé aux revenus les plus aisés. Il sera des plus précieux en cas de crise grave et de perte totale de revenus. Avec un toit, un jardin et des besoins énergétiques réduits, on est en mesure de se protéger efficacement contre les effets économiques d’une crise épique.


Banque

L’on insistera jamais assez : l’argent déposé sur un compte en banque n’offre aucune garantie d’aucune sorte. Les titulaires d’un compte en banque sont, en vérité, titulaires d’une créance de dernier rang.

Or le danger d’effondrement bancaire est réel. Certaines banques sont allées jusqu’à prêter 30 fois, voire 100 fois la valeur de leurs fonds propres. En d’autres termes, elles ont prêté la même somme 100 fois à leurs clients. Somme qu’elles ont emprunté à 1% auprès de la banque centrale. En supposant qu’elles vendent leurs crédits à 4%, elles obtiennent un rendement de 499%. La contrepartie d’un rendement aussi mirobolant, c’est que le plus infime mouvement de panique (3% des clients qui retireraient simultanément leurs encaisses) entraîne la faillite immédiate de la Banque en question.

Quoi qu’on en dise, la garantie des Etats sur les dépôts individuels n’aura de valeur que pour les premiers à retirer leurs avoirs. Les autres se retrouveront sans rien.

Aussi, face à la menace systémique qui pèse sur la monnaie scripturale, il convient de privilégier les banques de dépôt qui ne se servent pas de l’argent de leurs clients pour spéculer et ont un ratio de fonds propres / engagements de crédit élevé (au-dessus de 10%).

Tant que le loyer de l’argent sera bas et l’inflation quasi nulle, il est prudent de conserver une partie de ses économies en liquide dans un coffre en banque. On gardera aussi une somme raisonnable chez soi. Par exemple, de quoi subvenir à ses besoins alimentaires pendant trois semaines ou un mois. Le temps que le mouvement de panique bancaire cesse et que l’on puisse à nouveau accéder à son coffre.

Néanmoins, on invitera tous ceux qui seraient tentés de dissimuler leurs économies dans leur matelas ou de tout mettre dans un coffre de bien considérer le risque de cambriolage et celui que l’Etat interdise aux particuliers d’accéder à leurs coffres.


Bourse

Depuis que l’on est passé, en Occident, d’un capitalisme de dividendes (basé sur l’esprit d’entreprise et le travail) à une économie de services, socialisée et à effet de levier, la bourse ne remplit plus sa fonction première qui est de financer la croissance des firmes. Sauf, peut-être, en Chine et en Inde.

Dans cette nouvelle configuration, la bourse tend à rémunérer l’actionnaire par l’augmentation de valeur des instruments financiers (actions, options et autres produits dérivés) indépendamment de la performance économique du sous-jacent. Un phénomène accentué par les politiques keynésiennes d’argent facile (easy money) qui donnent l’illusion d’une croissance rapide des valeurs boursières, alors qu’il ne s’agit que d’un phénomène purement inflationniste. Par ce biais, la bourse devient un jeu spéculatif à somme nulle, voire négative. A notre sens, le traditionnel conseil de placer le tiers de son capital en bourse est dépassé. Il devrait être revu à la baisse (au lieu des 33% préconisé, plutôt 20 à 25%) avec une compréhension fine de la formation et de l’éclatement des bulles.


Déflation

De tous les maux économiques, c’est probablement le moindre, à la condition que le revenu disponible diminue moins rapidement que le prix des biens à la consommation. En période de déflation, il est recommandé de ‘’rester liquide’’, l’épargne prenant automatiquement de la valeur. On se méfiera, pourtant, du risque de krach systémique qui peut, en une nuit, annihiler l’épargne de toute une vie. De même, on n’accordera que peu de crédit aux statistiques macroéconomiques publiques. Celles-ci ne reflètent aucune réalité individuelle. Selon la structure de son revenu et de ses consommations, on peut vivre dans une économie officiellement en déflation et néanmoins subir une inflation réelle. En outre, les données officielles peuvent être truquées. Comme en Grèce dont les dirigeants :« ont triché pour entrer dans la zone euro, triché pour sortir de la procédure de déficit excessif » (28).


Dettes privées

De même que l’on se méfiera des conseilleurs qui promettent des rendements extraordinaires en bourse, n’écoutera-t-on pas ceux qui prônent l’endettement comme un mode assuré d’enrichissement. En période de crise, les dettes deviennent un facteur de fragilité économique extrême. Car, les revenus diminuent et les charges augmentent (c’est d’ailleurs pour ce motif que les entreprises saines se désendettent rapidement dans les périodes de récession).

En France, il est communément admis que les mensualités de remboursement (toutes charges comprises) ne peuvent être supérieures au tiers du revenu net, soit un taux d'endettement de 33 %. De notre point de vue, les épargnants modestes ne devraient pas dépasser un taux d’endettement de 20 à 25% de leurs revenus. Ils s’assureront de prendre un crédit à taux fixe et sans pénalité de sortie.


Dollar

Le dollar souvent perçu comme la monnaie refuge, par excellence, est en passe de devenir la monnaie de l’empire des dettes et des déficits. Avec 1600 milliards de déficit budgétaire en 2009 et 1400 milliards en 2010, les Etats-Unis vont créer plus de monnaie et de dettes publiques en deux ans que la Chine n’est parvenue à accumuler de surplus commerciaux en 25 ans (2000 milliards). Intrinsèquement, le dollar est donc voué à perdre de sa valeur. Même s’il se réévalue de façon circonstancielle par rapport à l’euro, il perdra, tôt ou tard, de sa valeur face aux biens physiques : or, argent, matières premières, terrains à bâtir, etc.


Euro

Monnaie technocratique dont nous avons décrit le fonctionnement dans notre article précédent.

Présente un risque inflationniste relativement moins grand que le dollar. Mais, comme toutes les monnaies de papier, n’offre aucune garantie de valeur sur le long terme. Sous forme liquide, l’euro ne devrait pas représenter plus de 15 à 20% du patrimoine et, pour les petits-épargnants, plus de six mois à un an de revenus.


Inflation

Dans les circonstances présentes, elle peut revenir à tout instant, particulièrement aux Etats-Unis. On s’en protège en transférant ses liquidités vers des biens réels qui conservent leur valeur intrinsèque : pièces d’or ou d’argent, terrains, actions d’entreprise… Deux facteurs influenceront grandement le retour de l’inflation : le niveau du chômage et la parité dollar-yuan. Tant que l’économie mondiale perdra des emplois et que la Chine refusera de décrocher sa monnaie du dollar, les facteurs déflationnistes devraient en grande partie annuler les facteurs inflationnistes.


Logement

Sur la pyramide de Maslow, le besoin de logement se situe tout en bas, presque au même rang que les besoins physiologiques. La possession de son logement est l’étape la plus importante vers l’indépendance personnelle (C’est l’une des raisons pour lesquelles les libéraux soutiennent la propriété privée et la raison pour laquelle les étatistes la combattent). En cette période de crise, l’acquisition de la résidence principale devrait rester une priorité pour tous ceux qui en auraient les moyens. Certes la déflation peut faire redouter des moins-values sur l’immobilier. Cependant, le logement ne représente pas qu’une valeur nominale. Il a aussi une valeur d’usage, particulièrement élevée en temps de crise. On recommandera également de réduire le plus possible l’empreinte énergétique de son logement (isolation, maison passive) afin de dépendre le moins possible de sources énergétiques aux prix volatiles, soumises à tous les aléas politiques.


Obligations d’Etat

Avec une dette publique qui atteint les 100% du PIB aux Etats-Unis et en Europe, les obligations d’Etat présentent un facteur de risque plus élevé que certaines obligations d’entreprises privées, faiblement endettées et disposant de bonnes perspectives de croissance. L’idée selon laquelle les Etats ne peuvent pas faire faillite est un concept purement légal, sans valeur économique. En pratique, les Etats disposent de plus d’un tour dans leur sac pour spolier les épargnants : i) suppression unilatérale de la dette (Etats-Unis, 1776 ; URSS, 1918), ii) suspension des remboursements (Turquie 1889-1902 ; Cuba, 1986 ; Argentine 2002…), iii) Inflation (une pratique bimillénaire aux innombrables exemples).

A ces artifices étatiques s’ajoute le krach obligataire (type Krach de 1987). Il survient, mécaniquement, quand les taux d’emprunt remontent brusquement. Notamment lorsque les Etats doivent lutter contre l’inflation ou perdent la confiance des investisseurs.


Or

Indéniablement, l’or est la valeur des valeurs refuges. Particulièrement dans des périodes d’incertitudes monétaires comme la nôtre. En posséder augmente sa sécurité personnelle, comme on détient une police d’assurance incendie. C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’il faut en acquérir, sans espoir de plus-value certaine. Car l’or, comme toutes les valeurs, est soumis à des phénomènes de bulle. A notre sens, la part d’or physique ne devrait pas être inférieure à 10% du montant de l’épargne liquide disponible et ne devrait pas dépasser 10% du patrimoine total.

On privilégiera les pièces d’or aux lingots. Car, au besoin, il sera plus facile d’échanger une pièce d’or contre un panier de victuailles que d’espérer la monnaie en pièces d’or d’un lingot.


Réseau social

Des études sociologiques montrent que les individus les plus connectés socialement sont ceux qui résistent le mieux aux crises économiques. Aussi, un ultime conseil : cultivez vos relations et vos amitiés. Outre les agréments qu’elles procurent, elles laissent une chance aux solidarités interpersonnelles de s’exprimer.

De tous les conseils que nous avons donnés, ce dernier est le plus précieux. Car, comme le disait l’excellent Jean Bodin, Il n’est de richesse que d’hommes.

Ref : http://blog.turgot.org/index.php?post/Dryancourt-comment-survivre

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Categories : Finance    Themes : Investing Inflation Gold Deflation
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