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Spécial Crises (8) : A l'origine, une simple tulipe...

Dernier volet de notre série de l'été sur les grandes crises économiques et financières. Aujourd'hui, retour sur la crise des bulbes de tulipes en Hollande (1637).

Petit retour en arrière... Pour clore cette série d'été spéciale crises financières et boursières, il nous semblait intéressant de revenir sur le tout premier krach boursier de l'histoire : la crise des tulipes en Hollande en 1637. Cet épisode, maintenant lointain en effet, recèle néanmoins quelques précieux indices sur les comportements parfois irrationnels des marchés ainsi que ses conséquences. Après avoir abordé les crises les plus connues du dernier siècle (1929, 1973, 1987, 1991, 1997, 1998 et 2000), nous ne voulions pas revenir à nouveau sur la récente crise des subprimes, largement décortiquée dans tous les médias. En revanche, qui se rappelle du tout premier krach boursier ?

 

Un engouement irrationnel. La première bulle spéculative, aussi connue sous le nom de tulipomanie, naquit au XVIIème siècle aux Pays-Bas. Importée de Constantinople, la tulipe fut introduite en Hollande à partir de 1559 et devient rapidement un succès. Le prix du bulbe augmenta de façon exponentielle pour arriver à des niveaux de 1000 florins en 1623 puis 5500 en 1637. Il faut noter que le revenu annuel moyen de l'époque n'était que de 150 florins... En février 1635 on atteignit même un record avec 6700 florins. La spéculation a été telle que par comparaison un bulbe de tulipe pouvait correspondre au prix de deux maisons ou encore 15 fois le salaire annuel d'un artisan.

 

La brutale chute. La noblesse commença à se rendre compte de l'irrationalité des prix. De plus, en raison de la forte demande de bulbes, ceux-ci devinrent moins rares. La chute du prix s'amorça alors. Une des spécificités de l'époque est que les tulipes étaient vendues à terme. Or les promesses de vente, signées plusieurs mois avant la floraison des tulipes, ne furent tout simplement pas honorées une fois l'effondrement des prix. Aucune autorité ne pouvait imposer aux spéculateurs d'acheter au prix promis.

 

Les similitudes avec les autres crises financières. Il est singulier de voir à quel point chaque crise se ressemble et se répète, en tout cas dans les grandes lignes. En effet, toutes vivent les mêmes exagérations, irrationalités, retournements et désillusions. La formule d'Alan Greenspan, président de la Fed de 1987 à 2006, « l'exubérance irrationnelle », reflète parfaitement la nature même des krachs boursiers. Les véritables responsables sont les investisseurs eux-mêmes qui quelque soit l'époque n'appréhendent pas complètement les conséquences de leur frénésie. « Je peux mesurer le mouvement des corps, mais je ne peux pas mesurer la folie des hommes » avait dit Isaac Newton, après perdu de l'argent lors de crise de la South Sea Company au XVIIIème siècle.

 

 

Lucie Morlot

 

Ref : http://www.boursorama.com/votreinvite/interview.phtml?news=5762238

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