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Les politiques laxistes des gouvernements et des banques centrales à l
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Les politiques laxistes des gouvernements et des banques centrales à l

Les politiques laxistes des gouvernements et des banques centrales à l'origine de la spéculation


Wednesday 4 June 2008 | Economie | Email | Print
Les politiques laxistes des gouvernements et des banques centrales à l'origine de la spéculation

Avec les fortes augmentations du prix des denrées de base et de l'énergie, la chasse au spéculateur est plus que jamais ouverte. Sont ainsi montrés du doigt les commerçants-détaillants, les réseaux de grande distribution, les grossistes, les industriels, sans oublier les épargnants qui investissent en bourse. Ces diverses catégories n'ont qu'un seul point commun : être les boucs émissaires idéaux de l'époque.

Afin de remettre les pendules à l'heure et d'empêcher que les emprises idéologiques d'un autre âge, toujours bien présentes dans la population, ne reprennent le dessus, il n'est pas inutile d'expliquer le mécanisme réel et surtout la cause principale de la spéculation. Un producteur de blé semble un exemple tout indiqué.

Grâce à de bonnes conditions climatiques, ce producteur vient de faire une récolte exceptionnelle, tant en quantité à l'hectare qu'en qualité. S'il est débutant ou naïf, il va penser pouvoir augmenter la quantité de blé mise sur le marché ainsi que son prix de vente. Mais il oublie alors que si les conditions climatiques ont été excellentes pour sa récolte, elles l'ont également été pour celles de ses concurrents. Et un accroissement de l'offre va faire chuter les cours car les acheteurs vont proposer un prix plus bas que prévu. D'où, pour notre producteur, une grande déception, voire des difficultés financières.

L'exemple, bien entendu, peut fonctionner dans l'autre sens (récolte faible et de mauvaise qualité) car les céréales sont réputées pour leur forte volatilité (brusques changements des prix à la hausse comme à la baisse) et sont en permanence extrêmement sensibles à un grand nombre de facteurs : guerres, grèves, intempéries, catastrophes naturelles, invasions d'insectes, maladies, etc.

En présence de tant de dangers potentiels, que va donc faire le producteur pour travailler d'une manière plus sécurisée ? Ce que vous faites vous-même pour votre voiture : souscrire un contrat d'assurance. Dans le contexte des matières premières, cela s'appelle un contrat à terme. Ainsi, notre producteur - qui, normalement, connaît bien son marché - estime que l'année suivante il va pouvoir mettre deux mille tonnes de blé sur celui-ci ; Et il voudrait être certain de pouvoir les vendre à un prix donné. Il va donc conclure, avec son acheteur, un accord aux termes duquel il s'engage à livrer les deux mille tonnes à une date et pour un prix fixés à l'avance. Ce contrat à terme permet ainsi aux deux parties de se couvrir en supprimant l'incertitude qui pèse sur leurs affaires respectives : c'est la raison pour laquelle, sur les marchés financiers, ce type de contrat est appelé une couverture (ou hedge).

Jusqu'ici, il n'y a pas encore de spéculation. La démarche des deux parties se fonde sur une saine évaluation des risques. Il s'agit d'une gestion normale, d'une « gestion en bon père de famille », pour reprendre l'expression des Tribunaux de commerce... Mais le spéculateur n'est pas loin. Et en voici les deux types principaux :

Le premier n'est pas intéressé par la production ou l'achat de la matière première. Il veut tout simplement profiter de la différence entre le prix fixé dans le contrat à terme et celui du marché à la date de la livraison. Il prend des risques. Ce n'est pas un « méchant » spéculateur car son intrusion n'influence pas - ou si peu - le fonctionnement des marchés. Sa démarche peut s'apparenter au placement raisonnable qu'entend faire l'acquéreur d'un appartement, en espérant que son bien va prendre de la valeur et qu'il va ainsi pouvoir réaliser une plus-value à la revente. Nous agissons tous ainsi dans bien des domaines.

Il faut que les liquidités croissent en volume, sans aucune limitation et... à toute vitesse !

La vraie spéculation commence avec le deuxième type : il s'agit là d'individus ou d'institutions financières qui détiennent des sommes colossales dont les rendements se doivent d'être bien plus élevés que celui de nos malheureux livrets A et fonds euros de nos contrats d'assurance vie. On est ici sur une toute autre planète. Quand on détient de telles masses de liquidités qui, comme on le verra, ont été obtenues à partir de rien, il faut que ces liquidités croissent en volume, sans aucune limitation, et... à toute vitesse !

A ces niveaux stratosphériques, on ne se limite pas à une obligation de moyens : les moyens, on se les donne ! Ces milieux, généralement bien introduits dans les media (dans lesquels ils détiennent souvent des participations), s'offrent fréquemment les services d'agences de communication efficaces, influentes et peu regardantes sur les contenus « à communiquer ». La spéculation ayant toujours besoin de nouveaux territoires pour qu'elle puisse « s'exprimer », il n'est pas rare qu'avec l'aide de barbouzes ou d'officines spécialisées (telle l'ONG de Georges Soros qu'on a pu voir à l'œuvre en Ukraine), on fomente quelque petite révolution bien utile à créer les conditions idéales... Surtout quand des agences d'Etat telles que la CIA agissent main dans la main avec les principales multinationales américaines, comme lors de la chute du gouvernement Allende au Chili.

Pourtant, la spéculation moderne, qui se caractérise par le gigantisme des montants investis et une réactivité instantanée rendue possible par l'informatique, n'existe que grâce à un événement d'une portée considérable : la décision prise en 1973 par le Président américain Richard Nixon de décorréler le dollar de son équivalent en or ! A partir de là, et grâce notamment à la réputation de solidité du billet vert consacré monnaie d'échange planétaire, tout devient permis. L'ère de la planche à billets a réellement commencé. Mettant en application le conseil d'Oscar Wilde (« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder »), les Etats-Unis, par le biais de la Réserve Fédérale, ont succombé de plus en plus souvent à cette commodité qu'est l'émission de monnaie pour finir par y succomber en permanence.

« Trop gros pour faire faillite »

Aussi étonnant que cela paraisse, la Réserve Fédérale n'est pas du tout un organisme d'Etat. C'est une institution privée à qui le gouvernement américain délègue le pouvoir de battre monnaie, d'en fixer la valeur et la quantité. Cette particularité bien singulière - et pratiquement unique au sein des économies occidentales - se comprend mieux quand on connaît le pouvoir réel des milieux d'affaires sur les décisions de la Maison Blanche : ce sont eux qui détiennent le vrai pouvoir ! D'où leur propension à contraindre les autorités à voler au secours des grandes banques et autres fonds en quasi faillite, selon le principe anglo-saxon bien connu : « too big to fail », (« trop gros pour faire faillite ») ; Et ce, au détriment du contribuable...

Jusqu'à l'année dernière, l'évolution de la masse monétaire américaine faisait l'objet de publications régulières de l'indice dit « M3 ». Le taux de création de monnaie ayant atteint 15 % par an (parfois plus), les autorités américaines, craignant une accélération de la chute du dollar, ont préféré ne plus transmettre cette information !...

Cette situation, jusqu'alors inconnue dans l'histoire, tout au moins à un tel niveau, a permis l'édification de fortunes colossales notamment grâce au mécanisme du Carry Trade : concrètement, cela consiste à emprunter dans une monnaie dont les taux d'intérêt sont bas et de placer cette somme dans des pays qui rapportent beaucoup plus. Permettre ainsi - comme cela se pratique depuis vingt ans grâce à la complicité de la Banque du Japon et de son gouvernement - à des investisseurs privés ou à des institutions financières d'emprunter des Yens à 0,50 % d'intérêt (à 0%, auparavant), pour les réinvestir aussitôt en dollars sur des supports tangibles tels que les denrées de base (on augmente fortement la demande et on aura toujours besoin de manger !), provoque l'envolée des cours. Famines et émeutes ne manquent pas de s'ensuivre. Notre producteur de blé, qui n'en est pas responsable, se frotte les mains...

La voracité inextinguible de cette deuxième catégorie de spéculateurs exige, comme il a été dit plus haut, que les énormes liquidités qu'ils détiennent croissent en volume, sans aucune limitation et à toute vitesse. Et ceci pour une raison simple : du fait de sa « fabrication » frénétique, le dollar perd de plus en plus rapidement de sa valeur. Incapables de renverser une situation initiée en 1973 et qui se révélera mortelle, le gouvernement américain, la Réserve Fédérale ainsi que d'autres banques centrales et gouvernements complices, à l'origine de la spéculation « industrielle », ont choisi la fuite en avant : permettre aux grands spéculateurs amis - ceux qui financent les campagnes électorales - d'acheter le maximum d'actifs tangibles, qu'on peut toucher, manger ou dont l'industrie (surtout celle des pays émergents) ne pourra jamais se passer. D'où la flambée des prix : de l'immobilier jusqu'en 2006, des denrées de base, métaux industriels, objets d'art, etc. Autant de bulles prêtes à éclater d'un moment à l'autre.

La spéculation qui s'auto-entretient par la création de richesse virtuelle faite de zéros et de uns dans les ordinateurs de la planète, n'est qu'une vaste escroquerie criminelle

La course contre la montre a commencé. Il reste peu de temps avant que le monde ne découvre que la spéculation qui s'auto-entretient par la création de richesse virtuelle faite de zéros et de uns dans les ordinateurs de la planète, n'est qu'une vaste escroquerie criminelle. Celle-ci précipitera la chute définitive des Etats-Unis et provoquera, en même temps, l'effondrement de toutes les économies occidentales. Nous sommes au bord du gouffre. Les pays émergents - Chine en tête, véritable nouvelle Allemagne - nous donneront, le moment venu, le coup de pied nécessaire...

Comme on le voit, les producteurs, commerçants, distributeurs, même s'ils se permettent, quelquefois, de faire valser des étiquettes (souvent par force, sous la pression de leurs prix d'achat), et les boursicoteurs, même s'ils profitent de la situation, ne sauraient être rangés dans la catégorie des vrais spéculateurs. Agissant dans un cadre législatif bien défini, les dérapages des premiers sont rapidement sanctionnés, soit par la loi, soit par les clients eux-mêmes. Quant à l'investisseur en bourse, s'il se trompe, la sanction est immédiate. Il faut beaucoup de perdants... pour un spéculateur ! Dans la grande distribution, il est par exemple interdit de vendre à un prix inférieur au prix d'achat. Dommage qu'il n'existe aucune loi internationale interdisant de fixer des taux d'intérêt bien en dessous du taux de l'inflation, ce qui revient à payer les spéculateurs pour qu'ils empruntent. Dommage également que les marchés à terme soient ouverts à d'autres acteurs que les producteurs et les acheteurs réels. Les milliardaires, les banques, les fonds de pension, les compagnies d'assurances n'ont rien à y faire ! Dommage enfin qu'il ne soit plus interdit qu'un gouvernement puisse émettre de la monnaie qui n'ait son équivalent en or dans les coffres de sa banque centrale ! Voilà de bons sujets de réflexion à proposer aux participants du futur sommet du G8 ou du Forum de Davos. Mais peut-être sera-t-il déjà trop tard !

Franck Peter Pucher pour Novopress France

Ref : http://fr.novopress.info/?p=11621

 

 

 

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