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La ménagère high potential

La ménagère high potential

C'est une honte internationale. Un truc qu'on n'avouera jamais. Surtout pas à un recruteur. Comment ? De quoi ? On s'est permis un break de carrière ? Une coupure sur le sentier de la gloire ? Une ou deux années sabbatiques, voire plus, pour s'occuper de la maison, des bambins, de son mari, du potager et du stretching ? Des moments qu'on a adorés. Mais qu'on est prié de garder pour soi. Ne surtout rien dire, jamais, même sous la torture. Une rubrique « femme au foyer » sur un CV et c'est le gadin assuré à la première candidature.

Combien sont-elles, les ménagères de moins de 50 ans qui souffrent de cette infamie ? On ne sait même pas. Et les statisticiens ne le savent pas non plus, les reléguant dans la case « inactives », avec les retraités et les étudiantes. Et voilà qu'enfin, du fin fond de l'Angleterre, une bonne nouvelle pourrait bien leur redonner, sinon de l'espoir, du moins une meilleure estime d'elles-mêmes. Les housewives de la perfide Albion, réunies sous la bannière d'un site communautaire (http://www.alljoinon.com/) se sont demandées combien elles valaient. Combien leur boulot quotidien pouvait être rémunéré. 4 000 d'entre elles ont joué le jeu et ouvert leur agenda démentiel. Résultat : s'il fallait rémunérer chaque tâche au prix du marché, ces dames devraient toucher un salaire mensuel de 3 300 euros pour assurer baby sitting, ménage, cuisine, soutien scolaire, repassage et autres joyeusetés neuf heures par jour et sept jours sur sept. Pas mal. Surtout si l'on compare cette somme au salaire moyen des cadres français calculé par l'Insee et qui s'élevait, en 2007, à 3 530 euros par mois. Pas vraiment de quoi rougir si on considère qu'en plus les femmes sont moins bien payées que les hommes.

Les voilà donc rassurées, en partie, sur leur valeur en termes pécuniaires. Mais cette étude n'est pas seulement intéressante en terme de pépètes virtuelles. Elle éclaire bigrement sur les compétences de ces femmes réputées « sans travail ». Car elles ressemblent à s'y méprendre à celles exigées chez les high potential aujourd'hui. Une bonne capacité de travail ? Nos ménagères s'enquillent 63 heures de travail par semaine sans broncher. Une autonomie sans faille ? Nul besoin de les chaperonner, elles savent s'acquitter de leurs tâches et j'en connais qui se donnent même des objectifs, histoire de pimenter le quotidien. Une gestion du temps irréprochable ? Evidemment, les reines du domestique sont capables, et obligées, de traiter plusieurs affaires en même temps. Gérer des personnalités difficiles ? Non contente de manager leur couvée, souvent plus ingérable qu'un bataillon de collaborateurs plus ou moins motivés, elles sont passées maître en désamorçage de conflits. Certaines femmes au foyer ne sont rien moins que des hyperspécialistes doublées de manager hors pair. Ça vous rappelle quelque chose ?

Evidemment, tout cela est bel et beau.

Mais quand elles se présentent sur le marché du travail pour faire valoir leurs talents, elles doivent faire face aux sarcasmes des recruteurs - et des recruteuses aussi. Pourtant, le ciel semble s'éclaircir. Car du côté des messieurs trentenaires, la situation s'améliore. Selon une autre étude, commanditée par l'agence conseil Equilibres à l'institut LH2, il semblerait que 33% des hommes managers osent des renoncements professionnels pour s'occuper de leurs familles. 52% avouent jouer les équilibristes pour ne pas laisser leur compagne assumer seule les contraintes domestiques. Une bonne nouvelle pour les filles qui veulent tout : la vie de famille et le boulot épanouissant. C'est sans compter sur le temps qui passe. Car selon la même étude, les hommes se voient comme des pourvoyeurs de revenus dès qu'ils ont atteint la quarantaine. En d'autres termes, ils font bouillir la marmite pendant que Bobonne s'occupe de la logistique. Chassez l'aspirateur et les réunions de parents d'élèves, ils reviennent au galop.

Rédigé par Sylvia Di Pasquale pour Cadremploi.fr

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Tags : : femmes
Commentaires

Rédigé par wolfgang le 17/03/2008 à 19:21:10 #

Pas de parano : c'est pareil pour le garçons.... Pas moyen de faire un break à mi carrière sous peine d'être caramélisé vis à vis des recruteurs francais. je sais de quoi je parle je viens de reprendre le boulot avec une boite étrangère après avoir été recruté par des étrangers et sans avoir vu un seul gaulois. Sinon pendant 18 mois, j'ai vu un nombre incalculable d'abrutis qui m'ont soulé avec leur graphologie, leurs questions "ne pensez vous pas que vous avez laché la proie pour l'ombre?", leur méconnaissance parfaite et sans complexe de secteurs dont ils sont censés être les spécialistes, leur vague ennui de cadres qui font du recrutement parce qu'ils se sont fait lourdés 4 fois en 8 ans de postes de manager (parce qu'au fond ils ne sont que consultants et qu'en dehors de parler de ce qu'ils ne connaissent pas avec plus d'aplomb que nous, et bien, ils foirent tout ce qu'ils touchent!)

 

Rédigé par Nathalie le 18/03/2008 à 11:02:41 #

J'aprouve complètement cet article...Dommage qu'il stoppe vers la fin et n'incite pas plus les employeurs à reconnaître VRAIMENT ces aptitudes : je suis maman de 4 enfants, en "exercice" pour la société (et mon portefeuille !!!) et mes journées de 18 heures sont incomprises de la plupart de mes concitoyens...Quand j'annonce que j'ai besoin de mon dimanche pour DORMIR (!) 5 heures de plus : LA HONTE !!! Il paraît que je fais peur aux poules qui se couchent moins tôt que moi !!!!! je m'endors TOUS LES SOIRS à minuit pour me réveiller à 5h45 tous les matins...je baigne, torche, cuisine, gronde, console, nettoie (et tout ça pas nécessairement QUE chez moi [je suis Assistante de Direction]...J'aimerais bien laisser mon "poste" à "Plein-plein" temps 6 mois à ces chers employeurs...ils verraient de quoi il retournent et arrêteraient de faire du sectaire pour nous donner un peu plus de concret en terme de rémunération et de RESPECT !

Rédigé par MATHIS Séverine le 18/03/2008 à 11:43:10 #

ah mais voilà un article qui me touche droit au coeur même si je suis sans réelle illusion au sujet de l'évolution des mentalités relatives au sujet traité qui de toutes façons ....ne s'opérera jamais !!
D'ailleurs c'est une femme qui a rédigé votre article, un homme se serait senti très moyennement concerné voire pas du tout même si ce sont eux qui râlent le plus quand on leur laissent les petits deux heures d'affilée : " mais c'est ingérable tes gosses ! "" ah bon mais ce sont les tiens aussi ! et je croyais que rester à la maison c'était tout repos ! "
moi après 9 ans de vie prof intense ds les RH j'ai fait une pause d'un an pour mettre au monde mon second mais il a fallu batailler avec mon cher compagnon pour qu'il accepte le deal. tellement de choses se jouent alors : l'image valorisée qu'il a de nous lorsqu'on travaille ( c'est ma copine, elle a un bon job j'en suis fier ! ) et qui s'écroule quand on reste à la maison ( pourtant je suis pas du style jogging - pantoufles at home !), le fric qui pointe le bout de son nez alors qu'on l'attendait pas ici ( ah mais je veux pas financer ton congé sabbatique- qui n'en est pas un !), l'exigence du compagnon qui a l'impression que rester à la maison = être une Bree-like et j'en passe de meilleurs ...
Après ça allez apprécier votre année à la maison sans culpabilité ni remords !
Maintenant faut allez expliquer tout ça à nos chers recruteurs quand on décide de reprendre une vie plus " normale " !

Rédigé par pilou le 18/03/2008 à 16:08:56 #

Ouais... Ingénieur, avec MBA, 7 ans d'expériences. 3 ans d'arrêt pour mes 3 bouts de chou. Plus possible de trouver un boulot... Pourtant, je ne suis pas difficile... Je ne vais quand même pas me reconvertir en prof!!! Moi qui adore le milieu des ingénieurs, de l'entreprise, les projets qui bougent... Et qui fait des crises d'urticaires à entendre les profs gueuler dans la rue...C'est d'actualité! Reste la création d'activité... Sacré challenge pour une mère de famille! Peut-être en 2009...
Bon, je vais renvoyer 30 lettres, mais par courrier postal, cette fois, peut-être que ça étonnera tellement, dans notre monde tout numérique, que ça ne sera pas jeté dans les 3 premières secondes!!!

Rédigé par balibalo le 18/03/2008 à 17:22:51 #

Il est temps que le terme "d'homme moderne" trouve vraiment un sens. Quand ma femme a eu notre enfant, j'ai volontairement décidé de repenser ma vie professionnelle. Finis les horaires impossibles, j'ai choisi d'aménager mon emploi du temps. Les sorties de crèches ont animé mon quotidien pendant plus d'un an et j'en suis très heureux. Une fois le "cap" des premières années passées, j'ai pu de nouveau m'investir un peu plus dans mon travail et ce, avec un point de vue différent voire plus "mature" sur ma carrière. Celle-ci n'en a été que plus intéressante.

Rédigé par Aurélaye le 18/03/2008 à 17:24:53 #

Tout cela est bien joli, mais le problème n'est pas d'être capable d'assumer 63 heures de travail hebdomadaires à la maison, c'est de cumuler deux emplois: un bon 35 heures en plus de nounou-crèche, + un bon 40-50 heures pour une fonction cadre...Et c'est de là que vient le sarcasme

Rédigé par Dexter le 18/03/2008 à 17:32:56 #

Autre avis de garçon.
Point de vue identique à Wolfgang.
De retour de l'étranger j'ai rencontré quelque uns et malheureusement quelques unes de ces béotien(ne)s du recrutement.
Il faut croire que l'incompétence des DRH est générale.
Peut-être est-ce du à leur jeunesse ?

De toute façon les entreprises font du KM (knowledge management) pour refiler les compétences qui partent à l'âge canonique de 45 ans aux secrétaires (SIC !!!)

Ceux (celles) ci, DRH, englué(e)s dans leur aprioris, ne savent pas ce qu'est un transfert expérience ?

Comment voulez-vous que des "djeunes" de 25 ans reconnaissent des femmes et les hommes qui acquièrent des savoir-faire ou des savoir-être dont ils n'ont aucune idée ?

Ne songez pas non plus à vous lancer dans une entreprise perso.
Vous serez la proie des plus gros !
Et vous viderez vos petites économies avant d'avoir pu commencer.


Rédigé par DEPASSE-MAZEMAN le 18/03/2008 à 19:27:08 #

J'approue,j'approuve cet article et milite pour l'aide au retour à l'emploi des mères de famille ! Recruteurs, qu'on se le dise... Et s'occuper d'enfants (j'en ai 2 de 7 et 6 ans) ainsi que des tâches ménagères est bien plus stressant que la vie au bureau ! Que les recruteurs en herbe le sachent et laissent leurs chances à celles qui veulent réintéger la vie professionnelle !

Signé :

Une maman de 44 ans

 

Rédigé par Vicnent le 18/03/2008 à 19:43:45 #

hum.

Ingénieur, 36 ans. Je sors d'une année sabbatique.
recherche de boulot et 2 mois après, 2 proposition fermes à 80 k€.

Donc...

 


Rédigé par Vanessa le 18/03/2008 à 21:01:09 #

oh que ça me parle cet article...
En congé parental plus ou moins forcé (disons que c'était CPE ou chômage à mon retour de congé mater) je me suis dit qu'il ne fallait pas rester "inactive"... Donc j'ai profité du CPE pour reprendre mes études (jonglant avec le e-learning, les heures de cours, les gardes de mon bébé, l'école de la grande, travaillant mes cours et mémoire la nuit, etc.), validant Licence, Master 1 et 2 (et rédigeant 2 mémoires de 150 pages chacun sur un sujet en rapport avec mon expérience et mon projet professionnel) histoire de faire coincider mon expérience d'autodidacte avec mon niveau universitaire...

Et que pensez-vous qu'il arriva ?

Ben rien, nada, que dalle...
Je rame pire que Daboville et Fontenoy réunis pour retrouver un travail en rapport avec mon expérience et mon niveau universitaire... J'ai même un gros gougeat qui m'a dit texto, alors que je le relançais suite à une réponse sans suite à une petite annonce faite pour moi : "MAIS POURQUOI VOULEZ-VOUS QUE JE VOUS CONVOQUE A L'ENTRETIEN ? VOUS N'AVEZ RIEN FOUTU DEPUIS 3 ANS !!!" La messe est dite...

Du coup je suppose qu'il ne me restera que la création d'entreprise si j'espère retrouver un jour du travail...

Rédigé par Jean-Claude le 18/03/2008 à 21:49:59 #

Si ça peut rassurer Pilou, d'après mon expérience il n'y a même pas besoin de s'arrêter 3 ans pour galèrer à la reprise.
15 ans de carrière, ingénieur aussi, avec MBA aussi, je me suis arrêté 1 an... pour faire ce MBA.
Après 9 mois de recherche, une vrai gestation, et près de 150 candidatures (ciblées bien entendues, pas du mailing au hasard), et bien rien. A peine une poignée d'entretiens ne menant nulle part.
Et je rejoins la complètement le commentaire de Wolfgang à propos des recruteurs Français. Heureusement les cabinets Anglais sont plus dynamiques et en un mot professionnels.
La répétition des articles Cadremploi sur le supposé plein emploi des cadres, l'or brut que représentent les doubles formations, le manque cruel de manager... tout ça me fait doucement rigoler.
Pour boucler la boucle et retomber sur le sujet du jour, je me posais des questions sur la possibilité de faire un break à l'occasion de l'arrivée prochaine d'un heureux évènement... Ce blog me fourni une réponse toute trouvée.
Bien à vous.

Rédigé par ipok le 18/03/2008 à 22:12:25 #

Chère Séverine, chère Sylvia, et aussi probablement la plupart des femmes qui me liront,

Arrêtez de toujours recentrer les débats sur votre pauvre petite condition féminine! Et tâchez donc de guérir de cette paranoïa qui vous ronge...
Je suis père de trois enfants, divorcé, et après avoir été cadre sup dans de grandes entreprises je m'attaque maintenant à ma troisième création de société (je vous rassure les 2 premières fonctionnent toujours) et travaille donc à plein temps.
Je tiens néanmoins à élever moi-même mes enfants, les conduis à l'école, les aide dans leurs devoirs, m'occupe de leur linge, fais les courses et la cuisine, range et nettoie notre home sweet home.
Je ramène l'argent pour faire bouillir la marmitte... et fais boullir la marmitte!
Evidemment, je joue avec mes enfants, ris avec eux, les encourage dans leurs activités, les console parfois... les aime quoi.
Cela ne m'empêche pas de travailler... et si une société ne veut pas de moi, eh bien moi je ne veux pas d'elle... et je me débrouille! Sans en faire un fromage de brebis égarée.
Alors mesdames,
arrêtez de penser en termes de stéréotypes (et quand je dis type...)!
Arrêtez de penser que vous êtes seules capables d'assumer!
Arrêtez de penser que vous êtes nécessairement "sectarisées"!
Arrêtez de penser que les hommes pensent que...
En fait, arrêtez de penser... vivez tout simplement!
Bises à toutes.

 

Rédigé par Marieflo le 18/03/2008 à 22:16:41 #

Pour répondre à pilou...Ne te désespère pas...
Oui, la "pause BB mal vu" est une spécificité française...On s'en sort si on bosse pour une boite étrangère...
Pour ma part, j'ai fait une pause de 2 ans à l'arrivée de mon second, après m'être rendue compte que dans la semaine, je ne voyais ma fille aînée que 1 heure par jour, sans compter qu'il faut cirer les chaussures de la nounou pour qu'elle ne fasse pas de caprices...
J'ai eu de la chance de pouvoir me mettre en indépendante après être arrêté deux ans, et de travailler pour une société indienne, off shore comme on le dit. Et bien, je n'ai pas caché mon trou du CV, les employeurs indiens m'ont demandé à quoi correspond ce "trou", je leur ai expliqué et cela ne provoque aucune réaction de leur part...La mission s'est très bien passée et ils n'ont jamais fait aucne remarque comme quoi je risque d'être "rouillée"...Grâce à cette expérience "indienne", j'ai pu renouer avec les mastodontes françaises et revenir sur "le droit chemin"...
Comme quoi, les pays qui se croient "civilisés" ont encore beaucoup à apprendre chez les autres....

Rédigé par phil le 18/03/2008 à 22:21:37 #

Vivre tout cela au masculin n'est pas piqué des hannetons!!
pour un homme s'effacer temporairement de sa vie professionnelle c'est un peu se tirer une balle dans le pied..c'est ce que je crois lire dans les yeux des recruteurs qui ont retenus mon CV ...
je crois y lire parfois de la curiosité ... franchement je pense que je suis carbonisé...
inge réseaux et télécom (et plein d'autres dipl) c'est comme si tu es plus bon à rien dans leurs yeux.. tu as tout oublié... comment peux tu maitriser ton métier deux ans après ?... de magnifiques moment avec mes deux petits gars qui sont gâchés par l'idée du retour(impossible)..
Halte au féminisme! aux yeux des recruteurs un homme dans cette situation est un extraterrestre...
Cher recruteurs "téléphone maison!!!! téléphone maison!!!!"


Rédigé par Marie le 19/03/2008 à 01:55:51 #

ben ma pôvr' Pilou, quand on n'a rien de mieux à faire que de s'en prendre aux profs qui défendent la possibilité POUR TOU(TE)S d'avoir une éducation de qualité, faut pas en plus vouloir pour soi toute seule de la compréhension qu'on refuse aux autres...
en un mot comme en 100, ou on s'ébat avec délices dans le "système" qui s'ingénie à dresser les uns contre les autres pour que les quelques hyper privilégiés puissent continuer leur besogne de vautours - ou on analyse, on réfléchit, on pense... à ce que pourrait être un monde vivable pour ses petits et on agit en conséquence.
Conseil d'une presque grand mère qui termine sa vie professionnelle bientôt, et compte bien continuer la bagarre pour que le monde de ses (petits) enfants ne soit pas à ce point pire que celui qu'elle a connu - et ça n'est pas gagné !!!
En toute fraternité, Marie

Rédigé par Louis-Philippe Loncke le 19/03/2008 à 08:09:40 #

Je suis un homme, j'ai quitté mon travail en 2004 pour voyager, faire autre chose...pendant 1 an. Et finalement après un voyage d'un an, je suis revenu chez moi pdt 8 mois (petits boulots, essayé de devenir indépendant) et finalement ras-le-bol de notre mendatilé européenne old-school.
Je suis parti en Australie voir si l'herbe était plus verte, ... elle l'est. Mais je n'ai point réussi à valoriser mes compétences labàs (j'ai fait 4mois de serveur ds un resto, + autres petits boulots).
Revenu en février 2007 avec l'intention de rester, j'ai suivi une formation de 6 mois en informatique réseaux poussée. Au départ je suis ingénieur, Master ne gestion ICT, expertise en gestion de trésorerie et je parle 3.5 langues.
J'ai enfin trouvé une entreprise qui a compris que mon experience avait qqch en plus (ALTRAN), je suis un profil atypique, oui.
Depuis 10/2007 je suis donc consultant et chef de projet IT. Une personne qui n'a pas peur de commencer à 4h du matin, de terminer à 23h et de terminer les deadlines le samedi et le dimanche.
Mes collegues ne comprennent pas pourquoi je bosse tant pour bien faire les choses. Mes patrons sont content de mon travail et j'hérite même de projets critiques et difficiles. Ils comprendront pourquoi tant de travail lorsque je pourrai prendre 6 semaines de congé d'affilée pour revoir mes amis en Australie cet été.
Je crois qu'il faut trouver ce qui a de valorisant dans son expérience "non productive" et montrer de la motivation.

Rédigé par ESPINOZA QUINLAN le 19/03/2008 à 11:01:21 #

En concret, la pénalisation professionnelle après les congés (maternité, parental) existe et concerne autant les hommes que les femmes. Le regard socio-professionnel en France est très sevère concernant le voeu de "rester plus de temps auprès des enfants" ou "le consacrer quelques mois au nouveau né".
Je crois qu'il faut faire évoluer c'est qu'on a compris pour "libération féminine" et l'apporter plus de parité et plus de vraie liberté parce que se dire qu'il faut choisir entre une carrière au futur ou un simple congés de quelques mois c'est un peu accepter le tallon d'Achille de mai 68.

Rédigé par Patrick le 19/03/2008 à 11:04:07 #

Les breaks de carrière, c'est encore plus grave pour les personnes de sexe masculin.

Bien sûr, c'est inadmissible qu'une femme ayant de réelles compétences, soit mise "au rebut", sous prétexte qu'elle s'est occupée de ses enfants pendant quelques années.

Mais quand un Cadre de sexe masculin, se retrouve avec des parents devenus handicapés, et soit le seul de sa famille à s'occuper de ses parents jusqu'à ce que ceux-ci décèdent à des dates différentes, cela devient limite catastrophe. A plus forte raison si ce Cadre (du secteur privé) a un frère fonctionnaire désoeuvré ne faisant strictement rien de sa journée, et trois soeurs dont la seule activité consiste à regarder la télévision, bref un Cadre ayant un sens des responsabilités très poussé, mais ayant la malchance d'avoir des frères et soeurs n'ayant pas le moindre sens des responsabilités.

Et lorsque ce Cadre, après le décès de ses parents handicapés, cherche à retrouver du travail, dur, dur, car la période "garde-malades" est très mal considérée par les employeurs potentiels qui pensent que le Cadre est un "idiot" pour s'être occupé quelque temps de ses parents handicapés.

Il est bien plus facile à une femme de justifier une période "baby-sitting" qu'à un homme de justifier une période "garde-malades", vis-à-vis d'employeurs potentiels.

 

Rédigé par Agnès M le 19/03/2008 à 11:19:34 #

Cet édito m'a fait sourire (jaune) tellement il est criant de vérité. Ayant grandi à l'étranger, je trouve la position des cabinets de recrutement français particulièrement scandaleuse vis à vis des femmes!
On ne nous passe RIEN!
15 ans d'expérience dans l'industrie pharmaceutique dont 5 ans cadre, des résultats sans tache, une progression constante dans ma carrière dans des entreprises qui font toutes partie du CAC 40 ou du "top ten" des entreprises pharmaceutiques mondiales. Néanmoins après un plan social, je me suis retrouvée, il y a 3mois, à la recherche d'un poste......
Un ex-collègue masculin qui avait été condamné au pénal pour harcèlement sexuel sur une de ses collaboratrices ayant retrouvé un poste très rapidement malgré cet évènement que je pensais désastreux pour sa carrière, je me suis dit que j'allais pouvoir très rapidement rebondir.... ERREUR! J'avais oublié les exactions et les discriminations que les consultants en recrutement (parmi lesquels des femmes) se permettent avec les femmes en France!
Non seulement, on se permet régulièrement de me dire "qu'on ne rentre pas directeur régional directement" (chose qu'on ne dit pas à un homme qui a une telle expérience) mais en plus de ça , on en est à me demander de me justifier sur un break familial qui date de ......1991!!!!!!
Je recherche désormais activement .....à fuir le marché français dont les pratiques sont une véritable honte pour un pays qui se dit "civilisé"!

Rédigé par amelie le 19/03/2008 à 12:17:12 #

Je suis aussi femme ingénieur et je suis aussi en congé parental. C'est affligeant la réalité du monde du travail... Si seulement la pratique du temps partiel chez les cadres était courante, on pourrait continuer à bosser en s'occupant de nos enfants. Avant de prendre un congé parental "total", je voulais revenir à temps partiel dans ma grosse boite d'info, et bien on m'a fait comprendre que y'avait pas de poste pour moi.

Un peu de flexibilité au 21ème siècle, ça ne ferait de mal à personne: télétravail, temps partiel, ça n'empêcherait pas la qualité!

Rédigé par MONNE Françoise le 19/03/2008 à 14:59:26 #

Bonjour à toutes et tous,

Que cela est rassurant de voir enfin les choses évoluer! Après 15 annèes de carrière en tant que Manager Qualité Gestion des risques sanitaires dans le secteur du biomédical et de l'alimentaire; je suis en pleine évolution professionnelle ET personnelle puisque j'ai deux petits bouts à gérer en plus de la maison, d'une formation, d'une association...Bref bien occupée...Mon dilemne c'est que bientôt je vais à nouveau me trouver face aux recruteurs...Et là...Votre article me réconforte à un point!!! Encore merci aux housewives de la perfide Albion, réunies sous la bannière d'un site communautaire.

Rédigé par legendoo le 19/03/2008 à 18:59:46 #

Bravo Sylvia
Cet article et les commentaires ne sont et ne doivent pas être une affaire de sexe.
j'ai une pratique de 20 ans dans les Rh et j'ai vu des femmes et des hommes désemparés face à cet équilibre si fragile entre vie pro et vie perso .
Faites des enfants et après : quelles qualités sont-elles nécessaires pour les élever ?
Résumons une bonne gestion du temps, des conflits, une écoute attentive, de l'empathie, une capacité à s'organiser rapidement, à prendre des décisions, de la rigueur et de la persévérance, bref autant de compétences recherchées dans une annonce pour un chef de projet ,un manager ou une assistante de direction .
Alors le pas à franchir pour les recruteurs n'est pas énorme ; la VAE c'est aussi cela!!
Proposons-leur de mettre en place ce qui existe dans les recrutements par la méthode des habiletés développée par l'ANPE , toutes ces qualités les mères ou pères qui ont choisis de faire un break pour leurs familles ont développé cela . Innovons pour une fois et transposons en VAE ces compétences rares.
Recruteurs, recruteuses , le marché de l'emploi se tends alors diversifiez vous et osez la diversité qui s'incarne aussi ds le profil de la ménagère high potentiel .


Rédigé par Eric le 19/03/2008 à 23:12:57 #

Bonsoir à toutes et à tous,

Premièrement, je tiens à remercier Sylvia pour son travail et son article. Je tiens également à féliciter tous les auteurs de commentaires qui laissent parler leur coeur et qui argumentent au travers de leurs expériences ce type de comportement. Ils sont un vrai "coup de gueule" face au système de recrutement Français.
Toutefois, il convient de relativiser cet article fort bien conçu, mais quand même très féministe.
De plus en plus les "nouvelles générations" d'hommes participent au quotidien du ménage. De plus en plus d'hommes demandent leur congé paternité voire un congé parental. De plus en plus d'hommes se sentent concernés et participent à la construction de la famille. Alors s'il vous plaît mesdames, ne tuez pas cet élan au travers de vos critiques acerbes vis à vis de la gente masculine. Battez-vous, battons-nous pour que l'équité soit respectée (dans le travail, dans la vie de tous les jours, dans la reconnaissance des valeurs), mais s'il vous plaît mesdames, arrêtez de fustiger les pauvres efforts que les hommes font... C'est le meilleur moyen de les dégouter. Aidez-les à prendre plus d'assurance plutôt que de les fustiger, aidez-les à comprendre plutôt que de les critiquer.... car comme disait Confucius : "ne donne pas du poisson à un pauvre, apprends lui à pêcher."
Tout cela pour dire que je partage entièrement la position des femmes, cependant, ce n'est pas avec ces discours féministes que vous rallierez les hommes....

Rédigé par un chômeur le 20/03/2008 à 10:44:18 #

Bel éloge des capacités de la mère de famille et de ses capacités de travail insoupconnées et délibérément ignorées par nos très chers recruteurs.
Il en est de même pour les hommes qui ont eu un accident de carrière, quel que soit l'origine de cet accident.
pour être recruté il faut aujourd'hui avoir un bac + 15, 10 ans d'expérience exactement dans un poste similaire à celui à pourvoir avec la maitrise de tous les outils informatiques utilisés par l'employeur potentiel. Bien évidemment il est aussi indispensable d'accepter un salaire de misère et une situation précaire, cela va de soi. Personnellement je ne réponds généralement pas à plus de 90% des critères requis, ce qui me vaut d'être encore en situation de demandeur d'emploi alors que nos chers recruteurs préfèrent prendre des jeunes qui très souvent ne répondent pas à plus de 10% des critères. J'oubliais, il est vrai que je fais partie des quinquas et que je risque de déranger quelques petits managers quadras ou moins.
Cherchez l'erreur...

 Ref  : http://blog.cadremploi.fr/info-emploi/cadremploi/entry/la-menagere-high-potential

 

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